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Paola et sa chauve-souris rouge - Le Jour 31/10/2014

Elle est Bolivienne, installée à Huy depuis deux ans et demi. Paola Guillen sort un conte pour enfants sur la différence. Et elle a besoin d’un coup de pouce.

Son petit Mathias de 3 ans plongé dans un livre d’histoires, Paola se raconte. Elle est Hutoise. Mais originaire de Bolivie où elle a vécu pendant un peu plus de 30 ans. À Huy depuis deux ans et demi, elle découvre une autre culture, une langue et des gens d’une richesse qu’elle ne soupçonnait pas. Mais pas facile de faire le pas, d’aller vers eux quand on ne parle pas le français.

Ce grand bouleversement, elle l’a voulu, avec son mari qui est franco-bolivien. « On avait envie de changement, on voulait connaître d’autres cultures. Mais moi, je n’étais jamais sortie de Bolivie. Je ne pensais pas que ça allait être aussi dur de changer de vie, car j’ai tout laissé là-bas. » La première barrière, la plus grande, la plus infranchissable ? La langue… « Je parlais juste un peu, j’essayais mais c’était très difficile. » Rester chez soi par peur d’être confrontée au regard des autres, à cette langue qu’elle ne maîtrisait pas du tout… « J’étais déprimée. » Elle qui, en Bolivie, avait un travail s’est retrouvée entre ses quatre murs. Sans plus d’objectif, sans projet. Sans d’autre vie que celle qu’elle consacrait à son mari et son petit garçon. Et puis…

Et puis, Paola Guillen a poussé la porte de l’ASBL Dora Dorës. « Ça a changé ma vie. J’étais enfermée un an chez moi. » Et là, elle s’est ouverte au monde extérieur, aux gens, aux femmes qui, comme elle, découvraient Huy et la langue française. En Bolivie, Paola gérait des projets sociaux, des ateliers pour les adolescents et les enfants. Se retrouver sans plus d’objectif professionnel la minait. Apprendre le français ? Un premier but qui lui permet aujourd’hui de parler un français fluide, suivi par un deuxième projet : un livre de contes pour enfants. L’ASBL Dora Dorës l’y a poussée. « J’aime bien écrire depuis que je suis toute petite, comme tout le monde. Mais j’étais très timide à l’école. Je ne pouvais pas m’exprimer, je me sentais différente. » Différente, elle l’était aussi lorsqu’elle est arrivée à Huy. Un sentiment sur lequel elle a voulu écrire. Migration, différence : « c’est très important d’aborder ces sujets-là avec les enfants. On en parle beaucoup avec mon fils. »

La chauve-souris rouge, c’est son livre, écrit en espagnol. Elle espère le distribuer en Bolivie, dans des associations qui travaillent avec les enfants, dans une bibliothèque spécialisée en livres pour enfants aussi. Elles développent des programmes de lecture et d’écriture avec les enfants. La jeune Hutoise aimerait que son livre de contes y trouve une place, qu’il ouvre le débat sur la différence. Cet été, elle a trouvé une maison d’édition en Espagne prête à corriger le texte, le produire et en faire la publicité et la distribution. Mais en coédition. Paola doit apporter une partie du financement. Le livre en espagnol et l’impression de la version en français, cela coûtera 1 320€. Paola a déjà réussi à récolter 625€. Pour le reste, elle lance un appel à ceux qui seront séduits par sa démarche. « Avec le financement, je ferai imprimer le livre en français et je proposerai à Dora Dorës des ateliers pour enfants. » Et s’il reste de l’argent, pourquoi pas des posters, des marque-pages avec des dessins de la chauve-souris.

Paola avait un rêve, en passe de devenir réalité. Et là, elle revit…

Les personnes intéressées peuvent faire un virement à Dora Dorës, sur le n° de compte BE36 0682 4637 5781 avec la mention La chauve-souris rouge.

Catherine Duchâteau
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