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Plateforme Huy Espace Migrants - HEM !

Synthèse du débat du 18 déc sur la diversité à Huy

Plateforme Hem !, 18 décembre 2012, Centre culturel de Huy

Une trentaine d’acteurs (issus du monde politique local, du milieu associatif et institutionnel hutois, ...) se sont réunis afin de discuter les résultats de la recherche collaborative effectuée par la plateforme Huy Espace Migrants ! - une trentaine d’entretiens approfondis réalisés avec les membres d’ institutions et d’associations hutoises sur leur approche de la diversité socioculturelle.

La présentation a donné lieu à un fructueux débat et fut synthétisée, en fin de matinée, par Altay Manço de l’Irfam.

Le 1er constat de cette matinée est que l’offre associative et de service aux personnes est riche à Huy. Il existe beaucoup de services, de travailleurs spécialisés, mais qui pourraient mieux travailler ensemble, mieux gérer leurs ressources humaines et ne pas en oublier : l’immigré est aussi une ressource humaine. Il faut renforcer la dimension participative de notre approche, travailler de
manière plus transversale, soigner les partenariats. Dans ce même cadre, les plans de cohésion sociale sont des instances à investir. Autre ressource à prendre en considération : les commerçants (cfr le rôle des notables dans l’histoire de Huy) pour intégrer le secteur privé dans le développement de l’action sociale.

2ème constat, le travail entamé par la plateforme HEM ! pour promouvoir la diversité suscite l’intérêt auprès des acteurs de Huy. Comment peut-on aller plus loin ?
– Hem ! souhaite aller à la rencontre d’acteurs sociaux, compléter l’éventail des structures sondées (depuis le 18/12, le CPAS, les PMS du réseau libre et la Police sont également concernés).
– Dans la deuxième phase de son travail, HEM ! organisera des entretiens avec des migrants et des habitants de « souche ».
– Des problématiques sont identifiées (apprentissage du français, traductions dans les services sociaux et médicaux, questions juridiques, action culturelle et migrants, ....)

Développons un de ces points à titre d’exemple : les difficultés des migrants pour apprendre le français.Il existe en Fédération Wallonie Bruxelles plus de 120.000 résidents qui ne parlent pas le français, un chiffre en augmentation. Il ne semble pas possible de financer les efforts nécessaires pour la formation d’une telle population d’adultes. Il est indispensable de miser sur une meilleure collaboration entre les services et un meilleurs usage de nos ressources en matière de formation.
Cette situation est apparente également à Huy où l’on peut créer des groupes de travail sur cette thématique. Un groupe est composé des forces vives du secteur, par exemple le service d’écrivains publics, les bibliothèques, les structures de formation d’adulte, la plateforme alpha ...
Par ailleurs, il faut tenir compte de la dimension excentrée de Huy par rapport à ces centres mieux outillés comme Liège ou Namur. Il n’y a pas de classes passerelles à Huy parce qu’il n’y a pas de centre d’accueil de réfugiés dans la localité. Les écoles doivent s’organiser autrement et développer des partenariats avec le tissus socioculturel et associatif.

Autre problème : les hommes sont absents des cours de français, pourquoi ne pas penser à jumeler le cours de français et stages en entreprises ?
Les entretiens ont montré que les populations étrangères issues de l’immigration ne fréquentent pas ou peu les infrastructures culturelles. Elles sont également peu présentes dans les groupes de bénévoles, un vivier de citoyenneté, un réseau social puissant et un lieu de pratique du français.
Est-il possible d’organiser des événements dans des endroits qui n’ont pas été prévus pour ça à l’origine. Par exemple des cours de formation professionnelle du FOREM à la bibliothèque.

L’expérience permettra d’atteindre plusieurs objectifs avec le même effort.
S’ouvrir aux cultures et langues des groupes de migrants sont autant d’invitations lancées qu’ils s’approprient également la langue et la culture de la majorité. Il s’agit de connaître et de comprendre les dynamiques identitaires et les trajectoires migratoires des populations d’origine étrangère. La valorisation de leurs atouts en tant qu’individus ou en tant qu’associations au sein de partenariats locaux est nécessaire. Dans ces domaines les nouvelles technologies de l’information ainsi que la presse locale peuvent être des facteurs utiles et facilitateurs.
En conséquence, l’invitation est lancée aux structures désireuses d’intervenir dans la constitution de groupes à tâches ou de concertations locales afin de mieux valoriser nos ressources au service d’une Huy qui compte sur la richesse de sa diversité.

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