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Le journal Dora dorës

L’école Huy-Sud et l’accueil des élèves d’origine étrangère

Rencontre avec Mr Claude Dooms, directeur de l’école Huy-Sud

Historiquement, l’école accueillait une forte population étrangère, parce qu’elle était implantée dans un quartier de maisons à bas loyers. Avec le nouvel hôpital et la transformation du quartier (on reconstruit et on réaménage les maisons rue Sainte-Catherine, rue Portelette, … ), la population change. L’école accueille donc aujourd’hui moins d’enfants d’origine étrangère.

L’école compte parmi les enfants d’origine étrangère, une majorité d’albanophones de Macédoine, du Kosovo, de Serbie, … La majorité des familles de ces enfants habitent Huy depuis longtemps, parfois depuis 3 générations. Elles sont tout à fait intégrées dans la vie de la commune. Ces familles sont attachées à la culture de l’école. Ca se passe très bien.

L’école Huy-Sud développe depuis quelques années un projet d’immersion en néerlandais, des enfants d’origine albanaise en font partie, ils apprennent donc une troisième langue, avec de belles réussites à la clé.

L’école accueille peu de nouveaux arrivants. J’ai inscrit cette année 2 enfants macédoniens, en 3ème maternelle et en 5ème primaire. Nous mettons des choses en place pour aider les enfants non francophones inscrits dans notre établissement et le projet en immersion a ses atouts pour eux aussi. En effet, plusieurs heures par semaine, les enfants qui sont en immersion changent de classe pour aller chez Juffrow. Pendant ce temps 3-4 élèves, dont les élèves qui ne maîtrisent pas le français restent avec Madame, qui est alors beaucoup plus disponible.

Ces élèves peuvent aussi bénéficier de périodes d’adaptation ou de remédiation, pendant que les autres sont en classe d’informatique par exemple.

Nous avons une bénévole qui vient aider l’un ou l’autre élève une ou deux fois par semaine. Le vécu de certains de nos professeurs et enseignants aide aussi. Nous avons des parents d’origine albanophone qui réclament tel ou tel professeur parce qu’ils se souviennent avoir fait leurs premiers pas avec eux. Et quand j’ai besoin d’une traduction je peux faire appel aux mamans albanophones de l’école.

A part ça, dans l’école, j’ai deux Français, une Irakienne et une Moldave. La jeune fille, arrivée il y a trois ans, a terminé première en français. En 3ème et 4ème année, j’ai neuf élèves en religion islamique. Idem en 5-6. L’école compte 180 élèves en primaire.

Quand j’étais enfant, j’habitais Wanze, mais j’allais à l’école Outre-Meuse, qui était à l’ « école huppée », la « bonne école », l’école bien-vue. Ca avait de l’importance à l’époque. Statte comptait de nombreux commerces. Aujourd’hui, les commerces ont fermé, et chaque porte affiche une douzaine de sonnettes. Parce que les loyers sont abordables et parce que les familles ont tendance à se rassembler.

Il n’y a pas si longtemps, Huy-Sud était encore considérée comme l’école des barakis et des étrangers. Aujourd’hui, elle a une meilleure réputation même si je pense que pour certains, elle n’est pas assez huppée, parce qu’elle est implantée dans un quartier au niveau socio-culturel moyen. Mais au moins ceux qui viennent à l’école ici, sont armés pour la vie après, ai-je déjà entendu dire.

Tous les niveaux sociaux et culturels se côtoient dans notre école. C’est la proximité géographique qui joue le plus dans le choix de l’école. Seuls une dizaine d’entre eux sont venus spécialement pour le projet en immersion.