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Le journal Dora dorës

Comment j’ai atterri chez Dora dorës

Voilà, je m’appelle Nicole, je suis belge, j’ai presque 60 ans et j’habite Huy depuis 33 ans...

Je me suis retrouvée à Dora dorës un peu par hasard : pour arrondir mes fins de mois, je me suis inscrite comme baby-sitter à la Ligue des Familles, qui a donné mes coordonnées à Hamide, la coordinatrice de l’asbl. Elle cherchait quelqu’un pour garder les bébés de femmes qui suivaient les cours de français dans leur association.

Petit à petit, on apprend à se connaître : d’abord, un petit café avec les participantes pendant leur pause, puis l’une d’elles (Kosovo) m’a proposé de venir parler français chez elle, j’ai accompagné une autre (Iran) dans quelques démarches administratives (cafés, thés, gâteaux...), ensuite on m’a invitée à participer à une soirée "danse", à une pièce de théâtre, à une exposition au Centre Culturel de Huy, à un atelier d’écriture (français)...

Au début, pas facile : on devait deviner ce qu’on voulait se dire, on se trompait, on utilisait nos mains, on regardait la traduction français-albanais sur internet, on cherchait dans un dictionnaire perse/français ... mais on a déjà beaucoup ri !

Maintenant, on se comprend mieux, on peut même tenir des conversations un peu plus "philosophiques", sur la vie, la leur, la mienne, leur pays d’origine, leur famille... On fait des choses ensemble, comme aller à la piscine avec les enfants, regarder des photos de famille, se rendre de petits services, ...

Bon, je vais vous dire : quitter son pays, sa famille, ce n’est pas facile ! On ne le fait pas comme çà... Souvent, quelles qu’en soient les raisons, c’est pour trouver une vie meilleure, surtout pour nos enfants... Je trouve les personnes qui le font courageuses, surtout les femmes qui doivent assumer beaucoup de choses ! La nourriture, les vêtements, le climat, ..., sont différents, il faut s’adapter, apprendre la langue, s’y retrouver avec les règles et les administrations, vaincre sa timidité si on veut se débrouiller et ne pas "rester dans son trou" et déprimer...

Alors, on se secoue, on sort de chez soi, on se trouve de nouveaux amis, du pays d’accueil, du sien, d’autres, ... On se rend compte, finalement, qu’on n’est pas si différents, qu’on n’est pas tout seuls, qu’on peut se tenir chaud, et que c’est intéressant et amusant !

Et donc, je vous souhaite, à vous aussi, "d’atterrir par hasard" dans une association comme Dora dorës !!!
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